La hausse continue de la taxe foncière pèse lourdement sur le budget des propriétaires, surtout lorsque les revenus restent modestes alors que les charges de l’habitat augmentent. Dans ce contexte, l’exonération et les allègements prévus pour les ménages fragiles prennent une importance très concrète : ce sont souvent quelques centaines d’euros qui peuvent être réinvestis dans l’entretien du logement, une petite rénovation énergétique ou simplement la gestion sereine des dépenses courantes. Comprendre les conditions d’exonération en 2026, notamment pour les retraités, les personnes handicapées ou les foyers à faible revenu, permet de replacer la fiscalité dans une logique globale de confort, de durabilité et de stabilité de l’habitat.
Les règles peuvent sembler techniques : revenu fiscal de référence, parts fiscales, âge, allocations, type de logement, décisions de la commune. Pourtant, derrière ces termes administratifs, il s’agit de situations très humaines. Un couple de retraités vivant dans une maison ancienne mal isolée, une personne en situation de handicap souhaitant adapter son logement, ou un propriétaire modeste qui vient d’hériter d’une maison familiale vacante n’ont pas les mêmes marges de manœuvre. L’enjeu est d’éviter que la fiscalité locale n’empêche d’entretenir correctement le bâti, d’améliorer son efficacité énergétique ou de conserver un logement qui a parfois une forte valeur affective. En décortiquant les dispositifs d’exonération, de dégrèvement et de sortie progressive, chaque propriétaire peut retrouver des repères clairs pour anticiper, questionner l’administration si besoin, et ajuster ses projets d’habitat sans subir.
En bref
- Exonération totale possible pour certains retraités, bénéficiaires de l’Aspa, de l’ASI ou de l’AAH, ainsi que pour les plus de 75 ans, sous conditions d’âge et de revenu fiscal de référence.
- Réhausse des plafonds de revenus en 2026 : davantage de foyers modestes peuvent entrer dans le champ des allègements, avec un calcul basé sur l’avis d’imposition reçu à l’été 2025.
- Allègement automatique de 100 € pour les 65–74 ans répondant aux critères de ressources, sans demande à déposer.
- Exonérations temporaires possibles après des travaux ou une construction neuve, en particulier lorsque le projet améliore la performance énergétique du logement.
- Démarches simplifiées : la plupart des droits sont appliqués automatiquement, mais une vérification de l’avis de taxe foncière reste indispensable pour repérer les oublis.
Exonération totale de la taxe foncière en 2026 : conditions pour les ménages modestes
Pour un propriétaire aux revenus limités, ne plus payer sa taxe foncière sur la résidence principale change concrètement l’équilibre du budget annuel. L’exonération totale vise d’abord les personnes âgées, les foyers en situation de handicap et ceux dont les ressources restent en dessous des seuils de référence. L’objectif n’est pas seulement fiscal : il s’agit de permettre le maintien dans le logement, la capacité à assumer les charges incompressibles et, parfois, à financer de petits travaux de confort ou d’isolation.
En 2026, plusieurs profils sont concernés. Les titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) bénéficient d’un avantage particulièrement protecteur. Pour eux, l’exonération de taxe foncière sur la résidence principale ne dépend pas du niveau de revenus : la perception de l’allocation suffit, à condition que le logement constitue bien le lieu de vie habituel. Cette règle s’applique également si la personne vit désormais en établissement (maison de retraite par exemple), dès lors que l’ancienne résidence principale reste libre de toute occupation permanente.
Pour les titulaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et pour les propriétaires âgés de plus de 75 ans, la logique est un peu différente. L’exonération totale repose alors sur une double condition : la perception de l’AAH ou l’âge atteint, combinés à un revenu fiscal de référence inférieur à un plafond fixé chaque année. Ce revenu est indiqué sur l’avis d’imposition sur le revenu, et c’est ce document, reçu à l’été précédent, qui sert de base à la décision. Un exemple concret : un retraité de 77 ans vivant seul dans une petite maison peut être totalement exonéré si son RFR ne dépasse pas le plafond pour une part ; en revanche, si ses revenus augmentent sensiblement (nouvelle pension, rente, etc.), le droit peut évoluer.
Une évolution majeure facilite la vie des familles : la condition qui imposait de vivre seul ou avec des personnes modestes a été supprimée. Il est désormais possible d’habiter avec un enfant qui travaille ou un proche aidant sans perdre automatiquement le bénéfice de l’exonération, tant que les critères de RFR restent respectés. Dans les faits, cette souplesse permet d’anticiper les situations où des parents âgés rejoignent le foyer de leurs enfants, ou inversement, sans que la composition du ménage ne fasse perdre un avantage fiscal crucial.
La plupart du temps, l’exonération se met en place sans que le propriétaire n’ait à remplir de formulaire spécifique. Les informations circulent entre les caisses de retraite, la CAF et l’administration fiscale, qui croise les données d’allocations, d’âge et de revenus. Cependant, des oublis ou des décalages peuvent survenir, notamment lors d’un changement de situation en cours d’année (déménagement, modification des revenus, début de perception d’une allocation). En cas de doute, une simple démarche auprès du centre des impôts, accompagnée des justificatifs actualisés, permet de demander une régularisation, y compris rétroactive.
La résidence principale reste au cœur du dispositif. Un propriétaire modeste qui détient également un petit studio loué ou une parcelle de terrain sera rarement exonéré sur ces biens annexes. Néanmoins, certaines situations particulières existent : un propriétaire de plus de 75 ans peut, par exemple, solliciter une exonération pour un logement non loué servant de résidence secondaire, si ce bien ne génère aucun revenu et si ses ressources restent en dessous du plafond. Dans ces cas spécifiques, une demande écrite détaillée demeure indispensable.
Pour les ménages modestes qui découvrent ces règles, l’enjeu est de ne pas confondre exonération de taxe foncière et exonération d’impôt sur le revenu. Une personne peut être non imposable sur ses revenus tout en restant redevable de la taxe foncière, si les conditions d’âge, d’allocations ou de RFR ne sont pas réunies. Inversement, un foyer faiblement imposé peut bénéficier d’un allègement significatif sur la taxe foncière. Cette distinction est fondamentale pour bien lire son avis d’imposition et ne pas passer à côté d’un droit.
Comprendre ce cadre général constitue un premier socle. Pour aller plus loin, la question des plafonds de revenus et du calcul précis du RFR ouvre sur un autre volet déterminant des conditions d’exonération pour 2026.

Plafonds de revenus et barèmes 2026 : comment savoir si votre foyer est éligible
Les plafonds de revenus constituent la charnière entre un foyer pleinement exonéré et un propriétaire qui reste imposable. La notion centrale est le revenu fiscal de référence (RFR). Ce montant, calculé par l’administration à partir de la déclaration de revenus, apparaît en bas de la première page de l’avis d’imposition. Pour la taxe foncière due en 2026, c’est le RFR figurant sur l’avis reçu à l’été 2025 (revenus de 2024) qui est pris en compte.
Ce RFR n’est pas évalué isolément. Il est associé au nombre de parts fiscales du foyer, ce qui permet d’ajuster les plafonds à la composition de la famille : personne seule, couple, enfants à charge, etc. Plus le nombre de parts est élevé, plus le seuil d’éligibilité à une exonération ou à un allègement augmente. Pour les ménages vivant dans les départements d’outre-mer, des plafonds spécifiques, légèrement supérieurs, sont appliqués afin de tenir compte des réalités économiques locales.
Le tableau suivant donne un ordre de grandeur des plafonds de RFR retenus en 2026 pour bénéficier des dispositifs d’allègement, selon le nombre de parts et la localisation :
| Parts fiscales | Plafond RFR Métropole | Plafond RFR DOM |
|---|---|---|
| 1 | 12 679 € | 13 501 € |
| 1,5 | 16 065 € | 16 689 € |
| 2 | 19 451 € | 19 876 € |
| 2,5 | 22 837 € | 23 064 € |
| 3 | 26 223 € | 25 843 € |
| Par ½ part suppl. | +3 386 € | +3 043 € |
Pour illustrer, prenons le cas d’un couple de retraités sans enfant à charge, soit deux parts fiscales, avec un RFR de 18 800 €. En métropole, leur revenu reste sous le plafond de 19 451 €. S’ils ont plus de 65 ans et ne sont pas assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière, ils peuvent prétendre à un allègement significatif, voire à une exonération totale si d’autres critères sont réunis (par exemple, plus de 75 ans). À l’inverse, un dépassement modéré du plafond n’entraîne pas forcément la perte immédiate de tout avantage, grâce aux mécanismes de sortie progressive prévus par la loi.
Ces chiffres sont actualisés chaque année, souvent indexés sur l’inflation. Les propriétaires doivent donc se livrer à un petit exercice de comparaison à chaque réception d’avis d’imposition. La démarche consiste à vérifier trois points :
- Le nombre de parts fiscales indiqué sur l’avis correspond-il bien à la situation réelle du foyer (mariage, divorce, décès, enfant rattaché ou non) ?
- Le RFR du foyer se situe-t-il en dessous du plafond applicable Ă cette configuration ?
- Un changement récent (retraite, baisse ou hausse de revenus, allocation nouvelle) est-il correctement pris en compte pour le calcul ?
La composition familiale influence fortement l’éligibilité. Un parent isolé avec deux enfants, par exemple, ne disposera pas du même seuil qu’un célibataire sans personne à charge. Cette nuance est essentielle pour les ménages modestes qui élèvent des enfants dans un logement dont ils sont propriétaires. Bien maîtriser son RFR et ses parts fiscales, c’est se donner les moyens de projeter plus clairement les charges futures et d’anticiper, par exemple, des travaux d’isolation ou de chauffage.
Pour comprendre comment ce RFR se traduit en montant de taxe foncière, il est utile de rappeler que l’impôt local repose aussi sur la valeur locative cadastrale du bien et sur les taux votés par la commune. Les propriétaires qui souhaitent approfondir cette mécanique peuvent se référer à l’analyse détaillée sur le calcul de la taxe foncière en fonction de la surface et de la valeur du logement. Disposer de ces repères techniques permet de distinguer ce qui relève de la fiscalité nationale (plafonds, exonérations) et ce qui dépend du territoire (taux, politiques locales).
Enfin, un mot sur la vigilance : dans les années où les revenus varient fortement, le RFR peut évoluer brutalement. C’est souvent le cas lors d’un départ à la retraite, de la vente d’un bien, ou de la perception d’une indemnité exceptionnelle. Anticiper l’impact de ces changements permet d’éviter les mauvaises surprises et d’utiliser à bon escient les mesures de transition mises en place pour amortir la hausse de la taxe foncière.
Une fois ce cadre posé, la question se déplace naturellement vers les dispositifs complémentaires : réductions, dégrèvements et cas particuliers qui complètent ou prennent le relais de l’exonération totale.
Dégrèvements, réductions et plafonnement : les autres leviers pour alléger la taxe foncière
Lorsque les conditions d’exonération totale ne sont pas réunies, il reste souvent des marges de manœuvre pour limiter la facture grâce aux dégrèvements et aux mécanismes de plafonnement. Ces dispositifs sont moins connus, parfois sous-utilisés, alors qu’ils ciblent précisément les foyers dont la taxe foncière devient disproportionnée par rapport à leurs moyens.
Un premier levier important concerne les propriétaires âgés de 65 à 74 ans. S’ils respectent les plafonds de revenu fiscal de référence, ils bénéficient d’un dégrèvement automatique de 100 € sur la taxe foncière de leur résidence principale. Aucun formulaire n’est à remplir : la réduction s’applique directement sur l’avis, ce qui en fait une aide particulièrement accessible pour les retraités disposant de pensions modestes. À partir de 75 ans, sous réserve de ressources limitées, l’allègement peut se transformer en exonération totale, ce qui renforce encore plus la protection des aînés propriétaires.
Un deuxième outil, plus technique mais très protecteur, est le plafonnement de la taxe foncière à 50 % des revenus. Il s’adresse aux ménages dont la taxe dépasse la moitié de leurs ressources annuelles, à condition de ne pas être soumis à l’impôt sur la fortune immobilière. Ce cas se rencontre fréquemment dans les zones où la valeur cadastrale a fortement augmenté alors que les revenus du foyer, eux, restent stables ou diminuent. Le propriétaire doit déposer une demande, en général au moyen du formulaire dédié (2041-DPTF-SD), avant le 31 décembre de l’année suivant la réception de l’avis. Une fois le plafonnement accordé, l’excédent est dégrevé, ce qui peut représenter plusieurs centaines d’euros économisés.
Par ailleurs, certaines situations de vacance involontaire du logement ouvrent droit à un dégrèvement partiel. Lorsqu’un logement reste vide pendant au moins trois mois consécutifs, sans que le propriétaire l’ait souhaité (problème de location, sinistre, travaux imposés, etc.), il est possible de solliciter un allègement proportionnel à la durée de vacance. Là encore, la clé réside dans la qualité du dossier : justificatifs de recherche de locataire, déclaration de sinistre, factures de travaux, tout élément prouvant le caractère non volontaire de la situation renforce la demande.
En marge de ces dispositifs clairement cadrés, les services fiscaux peuvent aussi accorder des dégrèvements exceptionnels en cas de difficultés majeures. Perte brutale d’emploi, maladie longue durée, séparation conflictuelle : certains événements de la vie rendent le paiement de la taxe foncière tout simplement impossible, même pour des propriétaires habituellement à jour. Une demande argumentée, éventuellement appuyée par un travailleur social ou un conciliateur fiscal, peut alors permettre d’obtenir un allègement partiel ou total au titre de la remise gracieuse.
Plutôt que d’accumuler les retards et les majorations, il est souvent plus sain de solliciter ces dispositifs dès les premières tensions budgétaires. Certains propriétaires choisissent également de mensualiser leur taxe foncière pour lisser l’effort sur l’année. Cette méthode ne réduit pas le montant global, mais elle sécurise le budget du foyer et limite le risque de découvert au moment de l’échéance.
Dans ce paysage, les dégrèvements et plafonnements jouent un rôle de coussin de sécurité. Ils permettent de maintenir un lien cohérent entre la valeur fiscale du bien et la réalité économique du foyer. C’est d’autant plus essentiel lorsque l’on habite un logement ancien, parfois énergivore, sur lequel il faudrait investir pour réduire les charges de chauffage ou d’entretien. Alléger l’impôt foncier peut alors libérer une capacité d’investissement minimale pour enclencher une rénovation raisonnable et progressive.
À côté de ces soutiens liés à la situation du ménage, des mesures temporaires se greffent sur la nature du bien et sur les travaux réalisés. Elles constituent un autre volet à explorer pour ceux qui envisagent une construction nouvelle ou un chantier de rénovation énergétique.
Exonérations temporaires après travaux ou construction : un levier pour la rénovation et l’habitat durable
La fiscalité locale ne se contente pas de prendre une photographie du foyer et de ses revenus : elle s’intéresse aussi aux caractéristiques du bâti. Certaines exonérations temporaires encouragent la construction de logements performants ou la rénovation de maisons existantes, notamment lorsqu’elles améliorent la performance énergétique. Pour un propriétaire modeste, ces dispositifs peuvent servir de point d’appui pour planifier un chantier sans déséquilibrer totalement le budget.
En cas de construction neuve ou d’extension significative (ajout d’un étage, d’une pièce indépendante, d’un garage transformé en surface habitable), une exonération de taxe foncière de deux ans est possible. Elle s’applique à partir de l’année suivant l’achèvement des travaux, à condition de respecter un délai strict : la déclaration d’achèvement (formulaire H1 pour une maison individuelle) doit être adressée au centre des impôts dans les 90 jours. Un oubli ou un retard sur cette formalité peut réduire, voire annuler, l’avantage fiscal. Dans les faits, de nombreux propriétaires passent à côté de ces deux années d’allègement simplement parce que la paperasse a été repoussée ou mal comprise.
Les travaux d’économie d’énergie constituent un autre terrain d’action. Certaines communes et intercommunalités ont délibéré pour accorder une exonération partielle de taxe foncière, généralement sur trois ans, aux logements ayant réalisé des travaux améliorant significativement leur performance : isolation renforcée, remplacement de menuiseries, modernisation du système de chauffage, installation de régulation performante. Ce type de décision locale s’inscrit dans une logique de sobriété énergétique et de réduction des émissions, mais il reste variable d’un territoire à l’autre.
Dans cette perspective, il devient pertinent de croiser le projet de rénovation avec les politiques de la commune. Par exemple, un propriétaire d’une maison des années 1970, mal isolée, qui envisage de poser une isolation par l’extérieur et de remplacer une ancienne chaudière peut bénéficier à la fois d’aides nationales (type MaPrimeRénov’), d’aides régionales et d’un allègement temporaire de taxe foncière si la collectivité l’a prévu. Le cumul de ces leviers rend certains chantiers envisageables alors qu’ils semblaient hors de portée. À l’inverse, investir dans des équipements surdimensionnés ou mal adaptés, comme une pompe à chaleur très puissante dans une maison peu isolée, risque de peser lourd sans forcément ouvrir droit à un avantage fiscal spécifique, malgré le coût élevé de ce type d’installation décrit dans les analyses de prix de pompe à chaleur pour une maison de 150 m².
Les logements labellisés basse consommation (BBC 2005) bénéficient, dans certains cas, de cinq années d’exonération. Certaines opérations très spécifiques, comme les programmes en location-accession destinés aux ménages modestes, peuvent même ouvrir la voie à des exonérations allant jusqu’à quinze ans. Ici encore, tout dépend des textes votés localement. Une consultation auprès de la mairie ou du service des impôts permet de vérifier les règles applicables sur la commune ou l’agglomération.
Du côté des propriétaires de biens ruraux ou liés à une activité agricole, des dispositifs complémentaires existent, par exemple pour des installations de production d’énergie renouvelable ou des bâtiments de stockage participant à des démarches d’économie circulaire. Ils s’inscrivent dans une logique d’aménagement du territoire, mais peuvent indirectement profiter à des foyers modestes, notamment dans les campagnes où les revenus agricoles demeurent fluctuants.
Pour ne pas passer à côté de ces avantages temporaires, une approche structurée reste recommandée :
- Se renseigner auprès de la mairie sur les exonérations votées localement avant de lancer le chantier.
- Déclarer systématiquement l’achèvement des travaux dans les délais, avec les bons formulaires.
- Conserver les factures détaillées, les certificats de performance énergétique et les attestations des artisans.
- Vérifier l’impact sur la taxe foncière dès le premier avis suivant le chantier, et signaler rapidement tout oubli.
Ces mesures liées au bâti complètent les dispositifs axés sur la situation du foyer. Elles offrent une opportunité de concilier allègement fiscal, amélioration du confort thermique et valorisation du patrimoine, à condition de préparer le projet avec méthode.
Reste à aborder un point souvent oublié : la gestion des démarches, des litiges et des imprévus de la vie, qui peuvent faire basculer un foyer à revenus modestes d’une situation stable à une situation tendue.
Dossiers sensibles, litiges et évolutions de vie : sécuriser son droit à l’exonération
Les conditions d’exonération ou de dégrèvement de la taxe foncière ne sont pas figées. Elles évoluent avec la vie du foyer : départ à la retraite, décès du conjoint, divorce, chômage, mise en location ou vacance du logement, succession compliquée autour d’une maison de famille. Dans ces moments de transition, un droit acquis peut être maintenu, renforcé ou perdu, selon la façon dont la situation est déclarée et accompagnée.
Imaginons le cas d’Élise, 68 ans, qui vient d’hériter avec sa sœur de la maison de leurs parents, inoccupée depuis plusieurs années. Propriétaire déjà modeste de son propre logement, elle s’inquiète de voir arriver une seconde taxe foncière sur une maison qui, pour l’instant, ne lui rapporte rien. La première étape consiste à clarifier le statut du bien : logement vraiment vacant, projet de location à court terme, vente envisagée. Selon le cas, une demande de dégrèvement pour vacance involontaire ou une réflexion sur la transmission de la maison – par exemple en la donnant ou en la cédant à quelqu’un prêt à la rénover – peut s’envisager. Des ressources spécialisées, comme le dossier consacré à la gestion des maisons abandonnées ou à donner, aident à faire le point sur les options possibles.
Dans d’autres situations, c’est l’administration qui ne prend pas en compte un changement favorable au contribuable. Un propriétaire qui commence à percevoir l’Aspa ou l’AAH peut parfois découvrir, un an plus tard, que la taxe foncière n’a pas été exonérée comme prévu. Dans ce cas, l’important est de réagir rapidement, en adressant au centre des impôts une copie de la notification d’allocation, le dernier avis d’imposition mentionnant le RFR, et un courrier expliquant la situation. La demande de régularisation peut aboutir à un remboursement partiel ou total sur l’année en cours et, parfois, sur l’année précédente.
Lorsque l’administration refuse une exonération ou un dégrèvement alors que le propriétaire estime remplir toutes les conditions, plusieurs voies de recours existent. Le conciliateur fiscal départemental peut être saisi pour examiner le dossier avec un regard plus neutre. En parallèle, une demande de remise gracieuse, argumentée sur la base de la situation financière et sociale du foyer, peut être déposée. Ces démarches demandent un peu de rigueur, mais elles restent accessibles dès lors que les documents sont bien classés et que les enjeux sont clairement exposés.
Pour garder la maîtrise de son dossier fiscal, quelques réflexes simples font la différence :
- Vérifier chaque année les plafonds d’exonération publiés, par exemple via des ressources dédiées aux plafonds de revenus pour l’exonération en 2026.
- Relire attentivement l’avis de taxe foncière, ligne par ligne, pour repérer toute absence d’allègement attendue.
- Conserver un classeur ou un dossier numérique rassemblant avis d’imposition, attestations d’allocations, déclarations de travaux et échanges avec l’administration.
- Ne pas hésiter à solliciter l’aide d’un proche, d’un travailleur social ou d’un professionnel lorsque la compréhension des documents devient difficile.
Au-delà des procédures, la question centrale reste celle du lien entre niveau de vie, charges fiscales et qualité de l’habitat. Un propriétaire à revenus modestes a besoin de visibilité pour entretenir son logement, envisager une petite rénovation ou simplement rester chez lui dans de bonnes conditions. Les dispositifs d’exonération et de dégrèvement constituent un outil parmi d’autres pour sécuriser ce projet de vie. Encore faut-il les connaître, les comprendre et les mobiliser à bon escient.
Dans ce paysage où se croisent fiscalité, habitat et trajectoires personnelles, quelques questions reviennent régulièrement. Les réponses qui suivent permettent de fixer des repères concrets, utiles pour préparer ses démarches ou vérifier un droit potentiel.
Comment vérifier rapidement si mon foyer peut être exonéré de taxe foncière en 2026 ?
La première étape consiste à consulter votre avis d’imposition sur le revenu reçu à l’été 2025 et à relever votre revenu fiscal de référence (RFR) ainsi que le nombre de parts fiscales. Comparez ensuite ce RFR aux plafonds applicables à votre situation (personne seule, couple, enfants à charge) pour l’année 2026. Si vous percevez l’Aspa, l’ASI, ou si vous avez plus de 75 ans avec un RFR sous les seuils, vous entrez potentiellement dans le champ de l’exonération totale sur la résidence principale. En cas de doute, contactez votre centre des impôts en joignant une copie de vos justificatifs pour obtenir une confirmation écrite.
Dois-je faire une démarche pour bénéficier de l’exonération lorsque je touche une allocation comme l’Aspa ou l’AAH ?
Dans la majorité des situations, aucune démarche préalable n’est nécessaire : l’administration fiscale reçoit les informations de votre caisse de retraite ou de la CAF et applique automatiquement l’exonération ou le dégrèvement si les critères d’âge et de revenus sont respectés. Cependant, en cas de première attribution d’allocation, de déménagement, ou si l’exonération n’apparaît pas sur votre avis de taxe foncière, il est recommandé d’envoyer une copie de votre notification d’allocation et de votre avis d’imposition au centre des impôts, accompagnée d’un courrier expliquant votre situation.
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères est-elle supprimée en même temps que la taxe foncière ?
Non. Même lorsque vous bénéficiez d’une exonération totale de taxe foncière sur la propriété bâtie, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) reste due, car elle finance un service rendu. Si vous êtes propriétaire bailleur, cette taxe est généralement récupérable auprès du locataire via les charges. Il est donc normal de voir apparaître une ligne correspondant à la TEOM sur votre avis, même si la taxe foncière elle-même est à zéro.
Que faire si ma taxe foncière dépasse la moitié de mes revenus annuels ?
Si le montant de votre taxe foncière représente plus de 50 % de vos revenus, vous pouvez demander un plafonnement. Ce dispositif, réservé aux foyers non assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière, permet de limiter la taxe à ce seuil de 50 % et d’obtenir le dégrèvement de la part excédentaire. La demande se fait à l’aide d’un formulaire spécifique (type 2041-DPTF-SD) à déposer auprès de votre centre des impôts avant le 31 décembre suivant la réception de l’avis. Joignez vos avis d’imposition et tout document justifiant vos revenus pour faciliter l’étude de votre dossier.
Un logement vacant peut-il être exonéré de taxe foncière si je n’arrive pas à le louer ?
Oui, à condition que la vacance soit involontaire, qu’elle dure au moins trois mois consécutifs et qu’elle concerne l’ensemble du logement ou une partie pouvant être louée séparément. Vous devez prouver que vous avez activement cherché un locataire ou que le bien était inhabitable en raison de travaux ou d’un sinistre. La demande de dégrèvement doit être adressée au centre des impôts, accompagnée des justificatifs (annonces de location, devis, factures, rapports techniques). L’administration calcule alors un allègement proportionnel à la durée de vacance reconnue.


