Remontées capillaires : Techniques efficaces pour éliminer l’humidité des murs

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Un mur qui s’assombrit au ras du sol, une peinture qui cloque quelques mois après un coup de neuf, un rez-de-chaussée où l’air reste lourd même en ouvrant les fenêtres : ces signaux discrets traduisent souvent un même phénomène, les remontées capillaires. L’eau présente dans le sol migre dans les matériaux poreux et s’installe dans la maçonnerie. Ce n’est ni un détail esthétique, ni une fatalité liée à l’âge du bâtiment. C’est un déséquilibre structurel qui impacte à la fois la solidité du bâti, la qualité de l’air et le confort thermique.

Dans beaucoup de logements anciens, mais aussi dans certaines constructions plus récentes mal protégées au niveau des soubassements, l’absence de coupure de capillarité, les sols extérieurs imperméables ou un mauvais drainage créent les conditions idéales pour cette humidité ascendante. Les réponses trop rapides – peinture “anti-humidité”, enduit ciment étanche, revêtement vinyle – masquent brièvement les symptômes tout en aggravant le problème. À l’inverse, une stratégie cohérente consiste à diagnostiquer précisément l’origine de l’eau, couper sa progression, puis restaurer la capacité du mur à sécher.

Les techniques disponibles aujourd’hui permettent de traiter durablement ces remontées, à condition de bien les choisir et de les mettre en œuvre dans le bon ordre. Injection d’hydrofuge, drainage, électro-osmose, enduits respirants, gestion des sels minéraux : chaque solution a son domaine d’efficacité, ses contraintes et ses limites. L’objectif n’est pas de multiplier les produits, mais d’adapter une réponse technique à un contexte réel, sans surinvestissement inutile. C’est particulièrement vrai dans une démarche d’habitat durable, où l’on cherche autant à préserver le bâti existant qu’à limiter les travaux lourds et coûteux.

En bref

  • Les remontĂ©es capillaires sont une humiditĂ© ascendante provenant du sol, qui remonte dans les murs par porositĂ© et fragilise autant la structure que les finitions.
  • Un bon diagnostic permet de distinguer remontĂ©e capillaire, condensation et infiltration, en observant la localisation des traces, la prĂ©sence de salpĂŞtre et le contexte du bâti.
  • Les techniques efficaces combinent en gĂ©nĂ©ral coupure de capillaritĂ© (souvent par injection), matĂ©riaux respirants et gestion des sels minĂ©raux.
  • Les mauvais rĂ©flexes les plus frĂ©quents : peintures Ă©tanches, enduits au ciment sur murs anciens, rĂ©novation intĂ©rieure prĂ©cipitĂ©e avant sĂ©chage complet.
  • Ă€ long terme, la rĂ©ussite repose sur la prĂ©vention : gestion des eaux de pluie, niveaux de sols extĂ©rieurs, ventilation, choix cohĂ©rent des matĂ©riaux.

Reconnaître les remontées capillaires : signes d’alerte et mauvais diagnostics à éviter

Les remontées capillaires se lisent d’abord dans la façon dont l’humidité se répartit sur les parois. L’eau issue du sol progresse du bas vers le haut, en occupant les micro-canaux des matériaux. Le mur se comporte comme une éponge. Les marques apparaissent ainsi en pied de mur, souvent à l’intérieur, parfois en façade, avec une limite haute irrégulière qui oscille selon les zones plus ou moins poreuses. Cette forme en “vagues” est très caractéristique.

À l’inverse, une infiltration latérale liée à une fissure de façade, un appui de fenêtre ou une descente d’eaux pluviales provoque souvent une tache localisée, plus en hauteur, associée à un point d’entrée identifié. Quant à la condensation, elle se manifeste plutôt sur les zones les plus froides et mal ventilées : angles de pièces, derrière les meubles plaqués au mur, sous les fenêtres ou au plafond, avec des gouttelettes et moisissures superficielles mais peu de salpêtre.

Dans un cas de remontée capillaire, plusieurs indices convergent. On observe fréquemment :

  • un assombrissement ou des aurĂ©oles Ă  moins d’un mètre du sol ;
  • des cloques de peinture ou un papier peint qui se dĂ©colle Ă  partir du bas ;
  • des plinthes qui gondolent ou se dĂ©solidarisent du mur ;
  • des zones d’enduit qui sonnent creux puis s’effritent ;
  • un dĂ©pĂ´t blanchâtre friable, le salpĂŞtre, liĂ© aux sels minĂ©raux ;
  • une odeur de renfermĂ© persistante malgrĂ© l’aĂ©ration.

Dans les logements rénovés rapidement, ces signes sont parfois cachés derrière un doublage en plaques de plâtre, un lambris ou un revêtement mural étanche. L’humidité continue pourtant sa progression, en silence. On ne découvre le problème qu’à l’occasion d’un changement de décoration ou d’un dégât plus avancé. Le risque est alors de multiplier les couches de finition sans jamais traiter la cause.

Un exemple fréquent illustre cette erreur. Un couple reprend un rez-de-chaussée ancien, pose un sol vinyle et applique une peinture acrylique couvrante sur des murs déjà marqués. Visuellement, tout paraît propre pendant quelques mois. Puis des cloques apparaissent à 20 ou 30 cm du sol, la peinture se détache par plaques, et des taches sombres se développent. Le réflexe spontané serait de choisir une peinture “plus technique”. Pourtant, ce revêtement trop fermé a simplement empêché la vapeur d’eau de s’échapper, accélérant la dégradation.

La première étape rationnelle consiste donc à confirmer la nature de l’humidité. Un professionnel équipé (hygromètre de contact, parfois mesures en profondeur) peut distinguer une humidité de surface due à la condensation, d’une humidité de masse liée aux remontées. L’observation de l’environnement extérieur complète le diagnostic : niveau des sols, pente des abords, présence de cave ou vide sanitaire, état des soubassements.

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Cette clarification évite d’investir dans un traitement inadapté. Un logement où le principal problème serait la condensation aura besoin en priorité d’une meilleure ventilation, de corrections de ponts thermiques et d’usages adaptés, là où un mur soumis aux remontées exigera une coupure de capillarité et des enduits perméables. Comprendre les signaux du bâti permet d’éviter des travaux répétés tous les deux ans.

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Une fois ces indices lus correctement, la suite logique consiste à analyser pourquoi l’eau trouve ce chemin au cœur de la maçonnerie, et ce que l’on peut corriger dans le rapport entre le mur, le sol et l’eau.

Origine des remontées capillaires : comprendre le rôle du sol, des matériaux et de l’environnement

Les remontées capillaires apparaissent quand trois éléments se conjuguent : un mur poreux, un sol humide en contact avec ce mur, et l’absence de barrière suffisante pour bloquer la migration de l’eau. Dans de nombreux bâtiments construits avant la généralisation des membranes étanches, aucune coupure de capillarité n’a été prévue à la base des murs. La maçonnerie est alors en relation directe avec le terrain.

La nature du sol intervient fortement. Un terrain naturellement humide, un niveau de nappe proche, ou des sols remblayés mal drainés créent une réserve d’eau disponible pour la maçonnerie. Quand ce sol est aussi riche en sels minéraux, chaque cycle d’humidification et de séchage transporte ces sels dans les pores du mur, où ils cristallisent en surface ou sous les enduits, provoquant éclatements et pulvérulence.

Les matériaux eux-mêmes jouent leur rôle. Brique pleine, pierre calcaire tendre, moellons hourdés à la chaux, parpaing… Tous possèdent une capacité d’absorption variable. Dans les maisons en pierre ou en brique anciennes, cette porosité était historiquement acceptable tant que les murs pouvaient respirer librement et que les abords n’étaient pas enfermés dans du béton continu. C’est souvent la combinaison “maçonnerie ancienne” + “sols extérieurs imperméables modernes” qui déclenche ou aggrave les problèmes.

Sur le terrain, le scénario se répète. Une cour en terre ou en graviers est remplacée par une dalle béton ou un enrobé pour gagner en confort. Le pied de mur se retrouve alors au contact d’un sol qui évapore moins l’eau. L’humidité reste piégée et cherche un nouvel exutoire : le mur. De même, un trottoir rehaussé trop près du niveau de plancher, ou un jardin aménagé avec des bordures qui retiennent l’eau de pluie, maintiennent un contact humide prolongé sur les soubassements.

Autre phénomène souvent mal compris : par temps chaud et sec, l’évaporation à la surface des murs augmente. Le gradient hygrométrique attire alors davantage d’eau depuis le sol, ce qui peut rendre les traces plus visibles en été. Une façade exposée plein sud, combinée à un air intérieur chauffé et sec, fonctionne comme un moteur d’aspiration pour les remontées capillaires.

À l’échelle d’un projet, comprendre ces mécanismes aide à hiérarchiser les interventions. Il peut être plus pertinent d’investir d’abord dans la correction du niveau des sols extérieurs, l’évacuation des eaux de pluie et, si nécessaire, un drainage bien conçu, avant même de penser aux finitions intérieures. Cette logique s’inscrit dans une approche globale de rénovation performante, où l’on traite la structure et la gestion de l’eau avant de s’intéresser à l’esthétique.

Pour les bâtis en matériaux biosourcés, ou pour ceux qui souhaitent le devenir, le lien entre eau et matériaux mérite aussi attention. Les matériaux à base de chanvre, de fibres de bois ou de terre crue, très utilisés dans l’habitat biosourcé, sont sensibles à l’humidité ascensionnelle s’ils sont mis en œuvre sur des soubassements non traités. Ils peuvent, à tort, être accusés de “problèmes d’humidité” alors qu’ils ne font que révéler un désordre préexistant.

En résumé, la remontée capillaire n’est pas un accident isolé : c’est le résultat d’une cohérence défaillante entre le sol, la maçonnerie et les aménagements. Une fois cette cohérence retrouvée, les techniques de traitement deviennent beaucoup plus lisibles et efficaces.

La question suivante devient alors centrale : parmi les méthodes proposées sur le marché, lesquelles coupent réellement la remontée et dans quelles conditions les mettre en œuvre ?

Techniques efficaces pour stopper les remontées capillaires : injections, drainage et solutions complémentaires

Une stratégie sérieuse contre les remontées capillaires suit un enchaînement logique : bloquer la source au niveau du mur, réduire l’eau disponible autour des fondations si nécessaire, puis accompagner le séchage. La technique la plus répandue aujourd’hui est l’injection d’un produit hydrofuge dans l’épaisseur de la maçonnerie. D’autres solutions, comme le drainage périphérique ou l’électro-osmose, complètent ou remplacent cette approche selon les contraintes du site.

Injection d’hydrofuge : créer une barrière de capillarité interne

L’injection repose sur une idée simple : saturer une bande de maçonnerie, en pied de mur, avec un produit qui modifie la tension superficielle de l’eau dans les pores et empêche sa remontée. Le procédé typique consiste à percer, à intervalles réguliers, une rangée (parfois deux) de trous inclinés ou horizontaux, à 10–20 cm au-dessus du sol fini. Un gel ou une résine hydrofuge est ensuite injecté sous pression ou par gravité.

Cette solution présente plusieurs avantages. Elle est compatible avec de nombreux supports (brique, moellons, parpaing), ne nécessite pas de reprise structurelle lourde, et peut être appliquée depuis l’intérieur lorsque l’extérieur est inaccessible, par exemple en maison mitoyenne. Sa réussite repose toutefois sur quelques exigences : maçonnerie correctement sondée, hauteur d’injection adaptée, traitement des joints et des zones hétérogènes.

Il ne faut pas attendre de l’injection un effet “instantané”. Le mur garde une humidité résiduelle qui mettra des mois à s’évacuer, selon son épaisseur et son exposition. Pendant cette période, les enduits anciens, déjà fragilisés par les sels, peuvent continuer à se dégrader. C’est la raison pour laquelle l’injection doit être couplée avec une reprise des enduits en matériaux respirants et un traitement des sels.

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Drainage périphérique : maîtriser l’eau autour des fondations

Quand l’environnement extérieur est particulièrement humide – terrain argileux, pied de colline, zone de ruissellement – le drainage périphérique devient un levier déterminant. Il consiste à creuser une tranchée le long des murs enterrés ou semi-enterrés, à mettre en place un drain perforé enveloppé dans un géotextile, puis à remblayer avec un matériau filtrant (gravillons) qui favorise l’écoulement de l’eau vers un exutoire.

Cette opération réduit la pression hydrostatique sur les murs et diminue la quantité d’eau disponible pour les remontées. Elle n’est toutefois pas toujours possible : manque de recul sur rue, mitoyenneté, présence de réseaux enterrés. Quand elle est envisageable, elle doit être pensée conjointement avec la protection des soubassements (enduits adaptés, éventuellement membrane de protection) et l’orientation des flux d’eau de pluie.

Électro-osmose et techniques spécifiques

L’électro-osmose active repose sur l’installation d’électrodes dans les murs et le sol, reliées à un boîtier qui modifie les échanges électriques entre l’eau et les matériaux. L’objectif est de “repousser” l’eau vers le sol et d’inverser la direction de migration. Cette méthode, plus technique, se destine surtout aux bâtis difficiles à traiter mécaniquement : murs très épais, monuments, sites patrimoniaux où l’injection massive n’est pas souhaitable.

Elle suppose une étude préalable, un dimensionnement rigoureux et un suivi dans le temps, car son efficacité dépend de la stabilité du système en fonctionnement continu. Dans certains projets, elle vient en complément d’interventions ponctuelles, notamment lorsqu’on souhaite limiter les travaux destructifs.

Comparer les options de traitement : forces et limites

Technique Principe Atouts principaux Points de vigilance
Injection hydrofuge Création d’une barrière interne étanche en pied de mur Adaptable, intervention limitée, compatible avec beaucoup de maçonneries Nécessite gestion des sels et enduits respirants, séchage long
Drainage périphérique Collecte et évacuation de l’eau au pied des fondations Réduit durablement l’humidité du sol, agit aussi sur caves et sous-sols Travaux lourds, pas toujours faisable, nécessite exutoire fiable
Électro-osmose Inversion de la migration de l’eau par champ électrique Peu destructif, adapté à certains bâti patrimoniaux Coût, besoin de suivi, dépend du bon fonctionnement du système

Dans la plupart des maisons individuelles, la combinaison la plus courante reste : injection + reprise des enduits + amélioration de la gestion de l’eau extérieure. Les solutions purement cosmétiques – peintures “anti-humidité”, enduits à base de ciment sur murs anciens – sont à manier avec beaucoup de prudence, car elles empêchent souvent la respiration naturelle des parois.

À ce stade, un point s’impose : même le meilleur traitement de base sera décevant si les finitions intérieures ne sont pas adaptées. C’est l’objet de la section suivante, centrée sur les enduits, les revêtements et le séchage.

Assainir l’intérieur : enduits respirants, gestion des sels minéraux et finitions compatibles

Une fois la remontée capillaire stoppée ou significativement réduite, le mur doit retrouver un équilibre. Il reste chargé d’humidité et de sels minéraux. S’attaquer immédiatement aux finitions décoratives revient à poser un vernis sur un matériau encore instable. Pour que la réparation soit durable, l’intérieur se traite en trois temps : dépose des éléments dégradés, remise en état avec des matériaux ouverts à la vapeur d’eau, choix de finitions compatibles.

La première étape consiste à enlever sans excès ce qui ne tient plus. Les enduits qui sonnent creux, s’effritent ou se détachent en plaques doivent être purgés jusqu’au support sain. Le salpêtre en surface se brosse à sec ou avec des méthodes adaptées, en évitant d’imbiber davantage le mur. Le but n’est pas d’obtenir un aspect “neuf” immédiatement, mais de supprimer les zones franchement désolidarisées pour repartir sur une base stable.

Les matériaux utilisés ensuite influencent directement la capacité du mur à sécher. Dans un bâti ancien, les enduits à la chaux (traditionnels ou formulés pour la rénovation) sont souvent plus pertinents que les mortiers très riches en ciment. Ils laissent transiter la vapeur d’eau, s’accommodent mieux des mouvements du support, et limitent les tensions internes liées aux sels. Des enduits dits “assainissants” ou “déshumidifiants” existent, avec une structure plus légère qui favorise l’évaporation.

Sur les murs doublés, la vigilance est encore plus importante. Un doublage collé en plaque de plâtre sur un mur ancien soumis aux remontées capillaires se transforme rapidement en zone de stagnation d’humidité, propice aux moisissures invisibles et aux odeurs persistantes. Selon les cas, il peut être nécessaire de déposer ce doublage pour traiter le mur porteur, puis de repenser l’isolation et la finition avec une solution plus ventilée ou des matériaux mieux adaptés.

Les finitions finales doivent rester perméables à la vapeur d’eau. Les peintures minérales (silicatées, par exemple), certaines peintures à la chaux ou des revêtements microporeux permettent au mur d’achever son séchage sans contrainte excessive. À l’inverse, un papier peint vinyle, une peinture filmogène très fermée ou un parement plastique peuvent créer un piège à eau. Le mur paraît net quelques mois, puis les cloques et taches réapparaissent.

Ce raisonnement s’applique aussi aux travaux de façade. Un ravalement qui ajouterait un enduit dense et imperméable sur des murs non assainis risque de déplacer ou d’amplifier les désordres. Avant de planifier un ravalement complet, il est utile de consulter un guide sur les coûts et enjeux d’un ravalement de façade afin d’anticiper l’impact de chaque choix de matériau sur la gestion de l’eau dans le mur.

Pour les propriétaires qui souhaitent intervenir eux-mêmes sur les enduits ou les réparations légères, le bon réflexe est de se renseigner sur la compatibilité des produits avec un support potentiellement humide. Certains conseils pratiques sur l’application d’enduits en période humide ou après pluie apportent des repères utiles pour éviter les erreurs de timing et de mise en œuvre.

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Enfin, la question du temps est centrale. Un mur épais en pierre ou en moellons ne sèche pas en quelques semaines. La durée d’assèchement dépendra de l’épaisseur, du climat, de la ventilation et du niveau d’humidité initial. Accepter ce délai, suivre ponctuellement l’évolution avec un professionnel et n’installer les finitions les plus fermées qu’une fois un niveau satisfaisant atteint, sont des choix déterminants pour la stabilité à long terme.

À ce stade, la maison commence à gagner en confort : paroi moins froide, odeur plus neutre, finitions qui tiennent. Reste à ancrer ces résultats dans le temps grâce à une prévention cohérente.

Prévenir le retour de l’humidité : diagnostic global, gestion de l’eau et bonnes pratiques au quotidien

Traiter une remontée capillaire sans réfléchir à la prévention revient à réparer une fuite sans regarder la pression en amont. Une fois le mur assaini, la priorité est de vérifier que l’ensemble du logement – structure, abords, ventilation – ne favorise plus l’installation durable de l’humidité. Un diagnostic global, même simple, permet d’identifier les maillons faibles.

Sur l’extérieur, la surveillance la plus utile concerne la gestion des eaux de pluie. Gouttières propres, descentes en bon état, sorties d’eau dirigées loin des fondations réduisent significativement l’eau qui atteint les pieds de murs. Les sols au contact de la maison doivent garder une légère pente s’éloignant de la façade, avec des matériaux qui laissent au minimum un peu diffuser l’eau plutôt que la concentrer contre le bâti.

Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher intérieur constitue un autre paramètre clé. Quand le terrain extérieur est au même niveau, voire plus haut que le sol fini intérieur, le mur agit comme une paroi semi-enterrée et subit une humidité latérale quasi permanente. Dans certains cas, abaisser localement le niveau, créer une bande drainante respirante ou une ventilation de vide sanitaire fait partie des solutions simples mais efficaces.

À l’intérieur, la ventilation régulière reste un allié discret mais essentiel. Un mur qui a commencé à sécher a besoin d’un air intérieur capable de recevoir cette vapeur d’eau. Une ventilation mécanique contrôlée bien entretenue, ou à défaut une ventilation naturelle organisée, limite l’accumulation d’humidité ambiante sur les parois déjà fragilisées. À l’échelle des usages, éviter de plaquer des meubles massifs contre des murs qui ont été humides, au moins dans les premiers temps, prévient l’apparition de zones froides et confinées.

Pour structurer cette approche, certains propriétaires s’appuient sur une sorte de “check-list” maison. Les points à examiner peuvent inclure :

  • la rĂ©partition des traces d’humiditĂ© dans chaque pièce, hauteur, couleur, texture ;
  • la prĂ©sence ou non de cave, de vide sanitaire, et leur Ă©tat (odeurs, condensation, flaques) ;
  • l’état des menuiseries (anciennes, neuves, très Ă©tanches) et des dispositifs de ventilation ;
  • les Ă©ventuels travaux rĂ©cents qui ont modifiĂ© le comportement du bâtiment (terrasse, isolation, ravalement) ;
  • l’évolution des symptĂ´mes dans le temps : après fortes pluies, Ă©pisodes de chaleur, pĂ©riode de chauffage.

Une telle démarche n’a pas vocation à remplacer l’expertise d’un professionnel, mais à la préparer. Plus les informations sont précises, plus le diagnostic sera fiable et les devis adaptés. Dans les cas complexes – murs très épais, bâtis accolés, planchers bois sensibles – ce travail préalable fait gagner du temps et évite des interventions répétées.

La prévention, enfin, s’étend à la santé. Un logement durablement humide favorise le développement de moisissures, de champignons lignivores et de bactéries. Outre les désordres sur le bâti, ces organismes dégradent la qualité de l’air intérieur, avec des conséquences possibles sur les voies respiratoires, notamment pour les personnes asthmatiques ou immunodéprimées. Repérer les signes d’un développement fongique anormal (odeur de champignon, taches diffuses, poussières noires ou verdâtres) et réagir tôt contribue à la protection globale de l’habitat.

En récapitulant, un traitement réussi des remontées capillaires ne repose pas seulement sur une technique isolée, mais sur un ensemble de gestes cohérents : lire correctement les signes, comprendre l’origine, choisir les bons outils, laisser le temps au bâti de s’équilibrer, puis maintenir un environnement propice à la sécheresse des murs. C’est cette cohérence, plus qu’une solution “miracle”, qui assure des murs sains et un confort stable dans la durée.

Comment différencier clairement remontées capillaires et condensation sur un mur ?

Les remontées capillaires se manifestent surtout en bas de mur, avec une humidité qui monte depuis le sol sur 30 à 80 cm, parfois en vagues, souvent accompagnée de salpêtre (dépôt blanc) et d’enduits qui s’effritent. La condensation, elle, apparaît plutôt sur les zones les plus froides et peu ventilées : angles, derrière les meubles, sous les fenêtres ou au plafond, avec des gouttelettes et des moisissures superficielles. Un professionnel peut confirmer grâce à des mesures d’humidité en profondeur et à l’observation des abords extérieurs.

Une injection hydrofuge suffit-elle à régler définitivement les remontées capillaires ?

Dans beaucoup de cas, l’injection crée une barrière efficace, mais elle ne suffit pas à elle seule. Le mur reste gorgé d’eau pendant plusieurs mois et les sels minéraux présents peuvent continuer à dégrader les anciens enduits. Pour une solution durable, l’injection doit être complétée par la reprise des enduits avec des matériaux respirants, une bonne ventilation intérieure et, si nécessaire, des corrections extérieures (gestion des eaux de pluie, niveaux de sols, drainage).

Combien de temps un mur met-il à sécher après un traitement contre les remontées capillaires ?

Le temps d’assèchement varie selon l’épaisseur, la nature du mur, son exposition et le niveau initial d’humidité. Un mur ancien en pierre ou en brique peut nécessiter plusieurs mois, parfois plus d’un an, pour retrouver un taux d’humidité satisfaisant. C’est pourquoi il est déconseillé d’appliquer trop tôt des finitions fermées (peintures filmogènes, papiers vinyles). Un suivi par mesures régulières permet de décider du bon moment pour finaliser les travaux décoratifs.

Le drainage autour de la maison peut-il remplacer un traitement par injection ?

Le drainage diminue l’eau au contact des fondations et améliore souvent la situation, surtout en terrain humide, mais il ne remplace pas toujours une coupure de capillarité. Si les murs sont déjà imbibés et montrent des signes de remontées anciennes, un drainage seul risque d’être insuffisant. Dans de nombreux cas, la solution la plus fiable associe drainage (quand il est faisable), traitement de coupure de capillarité par injection ou autre méthode adaptée, et finitions respirantes à l’intérieur comme à l’extérieur.

Les peintures ou enduits dits anti-humidité sont-ils une bonne idée sur un mur concerné par les remontées capillaires ?

Ces produits peuvent offrir un confort visuel temporaire, mais ils restent des traitements de surface. Sur un mur touché par les remontées capillaires, ils risquent surtout de bloquer l’évaporation et de concentrer l’humidité dans la maçonnerie, ce qui accélère à terme les décollements et les cloques. La priorité est d’abord de stopper la remontée à la base (coupure de capillarité) et d’utiliser ensuite des enduits et peintures perméables à la vapeur d’eau pour accompagner le séchage du mur.

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