Un olivier peut traverser les années avec très peu de soins, mais pour un arbre réellement vigoureux, dense en feuillage et régulier en olives, la gestion de la fertilisation devient décisive. Dans un contexte de canicules plus fréquentes, de sols urbains souvent pauvres et de réglementation environnementale plus stricte, nourrir un olivier ne se résume plus à verser un engrais générique au pied de l’arbre. Il s’agit de comprendre le fonctionnement de cet arbre méditerranéen, d’ajuster les apports à son âge, à son support (pot ou pleine terre) et au climat local, pour obtenir un équilibre entre croissance, résistance et production. L’objectif n’est pas de forcer la nature, mais de lui fournir un soutien mesuré, cohérent avec un jardin ou une terrasse durable.
Dans de nombreux projets de rénovation et d’aménagement extérieur, l’olivier devient le point focal du jardin, celui que l’on voit depuis le salon ou la cuisine. Quand son feuillage jaunit, que la fructification se fait rare ou que l’arbre végète, le problème vient rarement d’un manque « de produits », mais plutôt d’apports inadaptés, irréguliers ou trop concentrés. À l’inverse, un plan simple combinant engrais organiques, compléments minéraux ciblés et bonnes pratiques d’arrosage transforme l’arbre sur quelques saisons. Ce guide propose une lecture claire des besoins réels de l’olivier, des solutions naturelles disponibles et des produits spécialisés à utiliser avec discernement, pour aider chaque propriétaire à faire des choix sobres, efficaces et compatibles avec un habitat responsable.
En bref
- Comprendre les besoins réels de l’olivier (nutriments, rythme saisonnier, signes de carence) avant tout achat d’engrais.
- Privilégier les engrais naturels (compost, fumier mûr, cendres, purins) pour nourrir l’arbre et améliorer durablement la vie du sol.
- Adapter la fertilisation Ă la situation : olivier en pot ou en pleine terre, jeune arbre en croissance ou sujet adulte en production.
- Utiliser les engrais minéraux et produits spécialisés comme compléments, en respectant les doses et la qualité des formulations NPK.
- Respecter le calendrier de fertilisation (printemps et automne) et articuler engrais, taille et arrosage pour un olivier stable et productif.
Comprendre les besoins nutritifs d’un olivier pour choisir le bon engrais
Un olivier peut survivre dans un sol pauvre, mais survivre n’est pas vivre. Pour obtenir un arbre harmonieux, bien feuillu, capable de supporter les sécheresses et de produire des olives régulièrement, il faut s’intéresser à ce qui se passe sous la surface du sol. L’olivier fonctionne comme une petite machine sobre, mais précise : il puise en priorité quelques éléments essentiels, et manifeste rapidement les déséquilibres par des feuilles pâles, une croissance ralentie ou une floraison timide. Avant de sélectionner un engrais, il est indispensable de savoir ce que l’on cherche à corriger ou à optimiser.
La base repose sur le trio azote (N), phosphore (P) et potassium (K), complété par des minéraux comme le calcium, le magnésium et le fer. Chacun joue un rôle spécifique. L’azote stimule le feuillage et les jeunes rameaux. Le phosphore soutient les racines et la floraison. Le potassium renforce la fructification et la résistance aux stress climatiques. Les minéraux, eux, stabilisent le fonctionnement global, assurent une bonne photosynthèse et évitent les jaunissements de feuilles que l’on observe souvent sur des arbres en pot ou dans des cours minéralisées.
Dans un jardin de lotissement fraîchement créé ou sur une terrasse de résidence rénovée, le sol n’est pas toujours prêt à accueillir un olivier. Terre apportée, substrat pauvre, absence de matière organique : les racines trouvent peu de réserve. C’est là que l’engrais intervient, non comme un accélérateur miraculeux, mais comme un soutien raisonné. Un propriétaire qui plante un olivier sans jamais enrichir le sol au pied de l’arbre finit fréquemment par constater, après deux à trois ans, un feuillage terne et une baisse nette de vigueur. À l’inverse, un sol amendé avec régularité et sobriété donne un arbre solide, moins sensible aux aléas climatiques.
Pour rendre ces rôles plus lisibles, le tableau ci-dessous synthétise les principaux éléments nutritifs indispensables à un olivier sain, leurs fonctions et les signes d’alerte en cas de carence.
| Élément nutritif | Rôle pour l’olivier | Signes de carence |
|---|---|---|
| Azote (N) | Croissance des feuilles et des jeunes rameaux | Feuilles petites, jaunissantes, rameaux courts |
| Phosphore (P) | Développement racinaire, floraison | Floraison réduite, racines peu développées |
| Potassium (K) | Fructification, qualité des olives, résistance au stress | Peu de fruits, olives petites ou mal formées |
| Calcium | Solidité des tissus, équilibre cellulaire | Extrémités qui sèchent, branches fragiles |
| Magnésium | Photosynthèse, couleur soutenue du feuillage | Taches jaunes entre les nervures |
| Fer | Feuillage bien vert, métabolisme des feuilles | Chlorose : feuilles jaunes, nervures vertes |
Dans la pratique, beaucoup de propriétaires découvrent ces notions quand les premiers symptômes apparaissent. L’exemple est fréquent : un olivier acheté en jardinerie, planté dans un bac design sur une terrasse ensoleillée, qui se porte bien deux ans, puis décline. Les feuilles jaunissent, les nouvelles pousses se font rares, et les quelques olives tombent avant maturité. Aucun apport d’engrais n’a été réalisé, l’arrosage est irrégulier, le substrat est tassé. Dans ce cas, l’arbre ne manque pas de soleil ni de bonne volonté : il souffre simplement d’un sol épuisé, sans réserve nutritive.
Avant de recourir à un engrais concentré, il est utile de vérifier des points simples : la fréquence d’arrosage, le drainage, la présence de matière organique au pied de l’arbre. Un rempotage ou un apport de compost permet parfois de relancer la machine sans surenchère chimique. Une fois ce diagnostic posé, la question suivante consiste à choisir quelle forme d’engrais privilégier, naturelle ou minérale, en fonction de l’objectif recherché : restructurer le sol, corriger une carence, soutenir une fructification. Un olivier se nourrit d’abord par la qualité de son sol, ensuite par les compléments que l’on ajoute.
Comprendre cette logique évite les achats impulsifs et oriente vers des solutions plus stables. Un engrais bien choisi devient alors un outil de réglage fin, au service d’un arbre qui reste un repère solide au cœur du jardin ou de la terrasse.

Engrais naturels pour olivier : compost, fumier, cendre et purins
Pour un habitat durable, l’engrais le plus cohérent est souvent celui que l’on produit ou que l’on connaît bien. Les solutions naturelles restent la base la plus fiable pour un olivier en bonne santé, surtout lorsque l’on cherche à préserver la biodiversité du jardin et la qualité du sol. Compost, fumier mûr, cendre de bois et purins de plantes ne sont pas des recettes anciennes dépassées ; ce sont des outils précis, capables de couvrir l’essentiel des besoins d’un olivier tout en améliorant la structure de la terre année après année.
Le compost mûr constitue le socle de cette approche. Il apporte de la matière organique, de l’azote, du phosphore et du potassium en proportions modérées, et surtout il nourrit la vie du sol : vers, bactéries, champignons utiles. Sur une parcelle souvent piétinée, un talus caillouteux ou un massif entourant une terrasse, cette vie du sol fait la différence entre un olivier qui stagne et un arbre qui s’ancre durablement. Un apport de 2 à 3 cm de compost, étalé en couronne à la projection du feuillage, au printemps et à l’automne, suffit déjà à transformer progressivement la texture de la terre.
Le fumier bien décomposé (notamment de mouton ou de cheval) renforce ce travail de fond. Plus riche que le compost, il s’emploie surtout sur des sols très pauvres ou pour soutenir la phase d’installation d’un jeune olivier en pleine terre. Il ne s’agit pas de recouvrir le pied de l’arbre, mais de déposer une couche modérée, bien décomposée, à l’automne, de préférence avant un paillage. Avec le temps, ce fumier améliore la rétention d’eau, ce qui devient précieux dans les jardins situés sur le littoral ou dans les zones ventées où la terre sèche vite.
La cendre de bois tamisée, issue d’un poêle performant ou d’un insert, apporte une quantité intéressante de potasse. Cet élément soutient la floraison et la mise à fruit, ce qui en fait un allié logique pour un olivier adulte déjà installé. La prudence reste de mise : la cendre s’épand en fine couche, jamais en tas, et seulement sur un sol déjà couvert de matière organique pour éviter de brûler les racines ou de déséquilibrer le pH. Utilisée à la fin de l’hiver ou au début du printemps, elle complète utilement le compost pour préparer la saison de floraison.
À ces apports solides s’ajoutent les purins de plantes, souvent perçus comme contraignants à préparer, mais particulièrement efficaces en entretien. Le purin d’ortie, riche en azote et oligo-éléments, stimule la croissance au printemps. Le purin de consoude, plus riche en potasse, accompagne la formation des fruits. Le purin de prêle renforce les tissus et limite certaines maladies liées à l’humidité. Dilués dans l’eau d’arrosage, ces extraits de plantes agissent comme des « toniques » réguliers plutôt que comme des traitements de choc.
Sur un olivier en pot, ces solutions prennent tout leur sens. Un arbre installé sur un balcon ou une loggia ne peut pas puiser dans un sol profond. L’ajout ponctuel de petits volumes de compost en surface, combinés à des arrosages au purin d’ortie au printemps, permet de maintenir la vitalité du substrat sans saturer le pot d’engrais minéraux. Ce type de gestion convient particulièrement aux habitats où l’on cherche à limiter les déchets : l’épluchure de légumes, les tailles de haies et les feuilles mortes deviennent ainsi une ressource, via le compostage, au service de l’olivier.
Pour structurer ces différents apports naturels, une liste simple peut servir de repère :
- Compost mûr deux fois par an pour nourrir le sol et soutenir la croissance globale.
- Fumier décomposé en automne, surtout sur sol pauvre ou pour les jeunes oliviers en pleine terre.
- Cendre de bois tamisée en fin d’hiver, en fine couche, pour renforcer la floraison et la fructification.
- Purins de plantes dilués au printemps et en début d’été pour un entretien léger et régulier.
Dans un projet d’aménagement complet, prévoir dès le départ un espace discret dédié au compost ou un bac de stockage pour le fumier mûr et la cendre permet d’intégrer ces pratiques sans bricolage permanent. L’olivier profite directement de cette organisation, et le jardin dans son ensemble gagne en autonomie. Utilisés avec mesure, ces engrais naturels évitent les à -coups de croissance et construisent un sol vivant, capable de soutenir l’arbre sur le long terme, même en contexte de sécheresses plus fréquentes.
Lorsque ces bases organiques sont bien en place, l’étape suivante consiste à regarder, avec prudence, ce que peuvent apporter les engrais minéraux et produits spécialisés, notamment pour les situations les plus contraintes.
Engrais minéraux et produits spécialisés pour olivier : bien lire les étiquettes
Les rayons de jardinerie regorgent de boîtes et de bidons dédiés aux arbres méditerranéens. Engrais « spécial oliviers », granulés à libération lente, formulations liquides concentrées : l’offre est large, parfois confuse. Utilisés à bon escient, ces produits apportent une réponse ciblée à certaines situations, notamment pour les oliviers en pot ou les arbres fatigués. Emploi excessif ou mal dosé, ils peuvent au contraire appauvrir la vie du sol et fragiliser les racines. La clé consiste donc à décrypter les étiquettes et à replacer ces engrais dans une stratégie globale, où ils complètent plutôt qu’ils ne remplacent les apports organiques.
La première information à observer reste le rapport NPK inscrit sur chaque emballage. Pour un olivier, on privilégie en général des formules équilibrées, avec une légère dominance du potassium pour soutenir la floraison et la mise à fruit. Des valeurs du type 6-3-6 ou 8-5-10 répondent à cette logique. L’azote reste présent, mais sans excès pour éviter de provoquer une végétation trop tendre, plus sensible au gel et aux maladies. Le phosphore, même à dose modérée, assure la bonne tenue du système racinaire et la formation des bourgeons floraux.
La forme de l’engrais influe aussi sur son usage. Les granulés à libération progressive se prêtent bien aux arbres en pleine terre : appliqués au printemps et éventuellement à l’automne, ils diffusent lentement les nutriments sur plusieurs semaines. Cela limite les à -coups de croissance et réduit le risque de lessivage par la pluie. Les engrais liquides, eux, conviennent mieux aux oliviers en pot ou aux situations où l’on souhaite une action rapide. Dilus dans l’eau d’arrosage, ils pénètrent plus vite dans le substrat, mais exigent une rigueur de dosage.
Beaucoup de propriétaires craignent les engrais minéraux par souci écologique. Il est possible de concilier efficacité et exigence environnementale en choisissant des engrais organo-minéraux, qui combinent nutriments minéraux et matière organique, ou des produits portant la mention « utilisable en agriculture biologique ». Ces formulations limitent les additifs inutiles et travaillent davantage en synergie avec le sol. Elles trouvent particulièrement leur place dans des projets de jardin où l’on cherche à réduire l’impact global sans renoncer à une certaine performance agronomique.
Selon la situation de l’olivier, certains produits se révèlent plus pertinents que d’autres. Le tableau suivant propose un panorama synthétique des principales catégories d’engrais minéraux ou spécialisés pour olivier.
| Type d’engrais | Avantages | Usage privilégié |
|---|---|---|
| Granulés NPK spécial olivier | Apport complet, dosage simple, libération progressive | Oliviers en pleine terre, 1 à 2 apports par an |
| Engrais liquide naturel | Action rapide, réglage fin de la dose | Oliviers en pot ou en bac, en phase de croissance |
| Engrais organo-minéral | Combine minéraux et matière organique | Sols fatigués, arbres qui manquent de vigueur |
| Correcteurs spécifiques (fer, magnésium) | Traitent une carence identifiée | Feuillage jauni, chlorose, symptômes ciblés |
Dans la pratique, l’usage raisonné de ces produits repose sur quelques habitudes simples. D’abord, respecter scrupuleusement les doses recommandées, surtout pour un olivier en pot où le volume de terre est limité. Ensuite, répartir l’engrais en couronne, à la projection du feuillage, plutôt que collé au tronc, car c’est là que se trouvent les racines les plus actives. Enfin, toujours arroser après la distribution, pour dissoudre les granulés et éviter les brûlures de racines.
Un exemple courant illustre cette approche. Dans un petit jardin urbain, un olivier planté près de la terrasse montre, au bout de plusieurs années, des signes de fatigue : peu de nouvelles pousses, quelques olives seulement malgré une belle floraison. Le sol a déjà reçu du compost régulièrement, mais l’arbre reste timide. Dans ce cas, un engrais organo-minéral formulé pour oliviers, apporté au début du printemps et en fin d’été, peut compléter le travail du compost en apportant un peu plus de potassium et de phosphore, sans rompre la logique de sol vivant.
Ces engrais minéraux ne doivent pas conduire à négliger le reste. Ils s’intègrent dans un ensemble comprenant l’arrosage, la taille, la gestion du paillage. C’est cette cohérence qui permet à l’olivier de traverser les années sans à -coups, malgré les épisodes de chaleur ou de froid plus marqués. Une fois cet équilibre trouvé, la question du « quand » devient aussi importante que celle du « quoi », ce qui conduit logiquement au calendrier de fertilisation.
Calendrier de fertilisation d’un olivier : quand apporter l’engrais pour un arbre en pleine santé
Le meilleur engrais perd une grande partie de son intérêt s’il est apporté au mauvais moment. L’olivier suit un cycle net au fil de l’année : reprise de la végétation, floraison, mise à fruit, puis repos. Aligner les apports de nutriments sur ce rythme permet à l’arbre de les utiliser efficacement, sans gaspillage ni excès. Ce raisonnement devient encore plus crucial avec des saisons parfois décalées, où les printemps peuvent être précoces et les épisodes de chaleur plus abrupts.
Au début du printemps, lorsque les premières pousses apparaissent, l’olivier relance sa machine interne. C’est la période clé pour un apport principal en engrais. Une combinaison de compost mûr et d’un engrais NPK équilibré, avec un peu plus de potassium, fournit à la fois l’énergie pour la croissance et les bases pour la future floraison. Sur un olivier en pot, un engrais liquide naturel, donné tous les quinze jours à faible dose entre mars et juin, remplit le même rôle en version fractionnée.
Entre mai et juin, l’arbre entre en floraison et commence à former ses fruits. Les besoins en potassium augmentent alors. Un apport modéré d’engrais plus riche en K ou quelques arrosages au purin de consoude suffisent à soutenir cette phase. Il ne s’agit pas de doper l’arbre, mais de l’accompagner dans une période où il doit arbitrer entre croissance, floraison et fructification. Sur un olivier en pleine terre déjà bien nourri par le sol, ce complément peut même se limiter à une seule intervention légère.
À l’automne, après la récolte ou lorsque les fruits arrivent à maturité, l’enjeu se déplace vers la reconstitution des réserves. Un apport de compost, éventuellement associé à un fumier bien décomposé ou à un engrais organo-minéral, permet à l’olivier de recharger ses stocks avant l’hiver. Cette étape est souvent négligée, alors qu’elle conditionne la vigueur de la saison suivante. Dans de nombreux jardins, un arbre qui semble « épuisé » au printemps paie simplement l’absence de ce soutien automnal quelques mois plus tôt.
En hiver, l’arbre est en repos. Les engrais sont alors inutiles et parfois contre-productifs. L’essentiel consiste à protéger les racines, notamment par un paillage adapté, et à surveiller l’exposition aux vents froids pour les sujets en pot. Cette période de repos est une forme de respiration du jardin : le sol se stabilise, la vie microbienne ralentit sans disparaître, et l’arbre se prépare silencieusement à la reprise.
Ce calendrier peut se résumer en quelques repères concrets :
- Mars-avril : compost + engrais NPK équilibré pour lancer la végétation.
- Mai-juin : apport modéré plus riche en potassium, purin de consoude pour soutenir la floraison.
- Septembre-octobre : compost et fumier mûr pour reconstituer les réserves.
- Hiver : pas d’engrais, simple paillage de protection.
Sur un olivier en pot, ces jalons restent valables, mais les doses sont réduites et plus souvent fractionnées. Plutôt que deux apports solides, on préfère plusieurs apports liquides de faible intensité. Cette approche limite le risque de saturation du substrat et permet de réagir plus finement aux signes donnés par l’arbre. Un feuillage qui reste bien vert, une croissance modérée mais régulière et une absence de chute massive de feuilles constituent de bons indicateurs de rythme adapté.
Pour que cette gestion du temps porte ses fruits, elle doit être articulée avec deux autres leviers : la taille et l’arrosage. C’est l’ensemble qui détermine la santé globale de l’olivier et non l’engrais isolément. Une taille réalisée au bon moment, associée à un arrosage raisonné, valorise beaucoup mieux les nutriments apportés au sol.
En gardant en tête que l’olivier est un arbre sobre, ce calendrier devient un outil de pilotage plutôt qu’un rituel rigide. Il aide à éviter deux écueils fréquents : fertiliser trop tard, quand l’arbre n’en a plus besoin, ou trop tôt, alors que le sol est encore froid et peu actif. C’est ce sens du timing, plus que la sophistication des produits, qui assure le maintien d’un olivier en pleine santé au fil des années.
Adapter l’engrais à la situation : olivier en pot, en pleine terre, jeune ou adulte
Un olivier planté depuis vingt ans dans un jardin profond ne vit pas la même réalité qu’un jeune sujet en bac sur une terrasse ventée. Pourtant, il arrive souvent que l’on applique les mêmes produits, aux mêmes doses, aux deux situations. Pour éviter ce raccourci, il est utile de raisonner en fonction du support (pot ou pleine terre) et de l’âge de l’arbre. À chaque cas correspondent des besoins spécifiques en termes de fréquence et de type d’engrais.
En pot, l’olivier dépend entièrement de ce que l’on met dans son contenant. Le substrat s’épuise vite, se tasse, perd sa capacité de rétention d’eau. La priorité n’est pas de multiplier les produits, mais de maintenir un sol vivant et renouvelé. Un surfaçage régulier (retrait des premiers centimètres de terre remplacés par du compost) et un rempotage tous les deux à trois ans constituent la base. Ensuite, un engrais liquide naturel appliqué toutes les deux ou trois semaines de mars à juin suffit souvent pour soutenir la croissance, complété par une fine couche de compost au printemps et à l’automne.
En pleine terre, la dynamique change. Un olivier jeune, planté depuis moins de cinq ans, a encore besoin de construire sa charpente et son réseau racinaire. Les apports d’engrais ont alors pour objectif principal de l’aider à s’installer. On privilégie un sol enrichi en matière organique (compost, fumier mûr) et un engrais NPK équilibré au printemps pour stimuler les rameaux, avec une attention particulière à l’arrosage les premières années. Un arbre adulte, déjà bien enraciné, nécessite beaucoup moins de soutien. Deux apports par an suffisent : compost et, éventuellement, un peu d’engrais plus riche en potassium pour la fructification.
Pour clarifier ces différences, le tableau suivant synthétise des repères de base selon la situation de l’olivier.
| Situation de l’olivier | Fréquence des apports | Type d’engrais conseillé |
|---|---|---|
| Olivier en pot récent | Faible dose toutes les 2 à 3 semaines (printemps) | Engrais liquide naturel + un peu de compost en surface |
| Olivier en pot ancien | 1 apport solide au printemps + quelques apports liquides | Granulés organiques + engrais liquide ponctuel |
| Olivier jeune en pleine terre | 2 apports par an | Compost + engrais NPK équilibré |
| Olivier adulte bien installé | 1 à 2 apports légers par an | Compost, fumier mûr, un peu de cendre de bois |
Un cas concret permet d’illustrer ces nuances. Dans un jardin de bord de mer, une famille a planté simultanément un jeune olivier en pleine terre et un autre en grande jarre près de la terrasse. Les deux reçoivent chaque printemps la même poignée d’engrais granulé. Au bout de quelques années, l’arbre en pleine terre prospère, alors que celui en pot dépérit : racines brûlées, substrat saturé, eau qui stagne. Le même produit, appliqué de la même manière, a produit deux effets opposés. La solution a consisté à alléger fortement les doses pour le sujet en pot, à privilégier l’engrais liquide et à renouveler une partie du substrat, plutôt qu’à multiplier les apports.
Autre distinction importante : la différence entre un jeune olivier qui construit sa structure et un arbre adulte qui alterne parfois entre années chargées en olives et années plus calmes. Pour le premier, une part plus importante d’azote reste justifiée, afin de développer le feuillage et les rameaux charpentiers. Pour le second, l’objectif est d’équilibrer production et repos. Augmenter légèrement le potassium et maintenir une bonne vie du sol grâce au compost aide à limiter l’alternance de récolte, surtout si ces apports s’accompagnent d’une taille réfléchie.
Dans un projet d’aménagement global de maison, l’olivier peut être pensé comme un élément structurant de la scène extérieure. Sa longévité le rend souvent témoin des changements de la famille. Adapter l’engrais à son âge et à son contexte n’est pas un raffinement technique, mais une manière de l’intégrer durablement à cette histoire, sans surinvestir dans des produits inadaptés ni le laisser se fatiguer inutilement. En résumé, la question n’est pas « quel meilleur engrais universel pour un olivier ? », mais « quel engrais cohérent pour cet olivier précis, à cet endroit-là , à ce moment de sa vie ? ».
Quel est le meilleur engrais naturel pour un olivier en 2026 ?
Le mélange le plus complet reste une combinaison de compost bien mûr et de fumier décomposé, apportés au printemps et à l’automne, complétés par une fine couche de cendre de bois tamisée en fin d’hiver pour la potasse. Ce trio fournit azote, phosphore, potassium et matière organique, tout en améliorant durablement la structure du sol. Pour un olivier en pot, il est judicieux d’ajouter un engrais liquide naturel spécial olivier à faible dose au printemps, afin de compenser le volume de substrat limité.
À quelle fréquence fertiliser un olivier sans le surcharger ?
Pour un olivier en bonne santé, deux apports d’engrais par an suffisent généralement : un au début du printemps pour lancer la végétation, un autre à l’automne pour reconstituer les réserves. En pot, il est préférable de fractionner davantage les apports, avec un engrais liquide dilué toutes les deux à trois semaines entre mars et juin. L’essentiel est de rester régulier, de surveiller l’état du feuillage et d’éviter les doses trop concentrées qui peuvent brûler les racines.
Faut-il fertiliser un olivier en hiver ?
Non, l’hiver correspond à une période de repos pour l’olivier. L’arbre utilise très peu de nutriments à ce moment-là , et les engrais risquent surtout d’être lessivés ou de perturber l’équilibre du sol. La priorité en hiver est de protéger les racines avec un paillage adapté, notamment en climat frais ou pour les oliviers en pot. Les apports de fertilisant reprennent au printemps, quand la végétation redémarre réellement.
Comment reconnaître un olivier qui manque d’engrais ?
Un olivier carencé présente souvent un feuillage jaunissant ou pâle, des pousses courtes, une croissance ralentie et une fructification faible voire absente. Les jeunes feuilles peuvent se décolorer, signe possible de manque d’azote ou de fer. Un sol très sec, compact, sans vers de terre ni débris organiques visibles traduit également un manque de matière organique. Un apport de compost, complété par un engrais adapté, permet généralement d’améliorer la situation sur quelques mois.
Engrais ou taille : qu’est-ce qui compte le plus pour la fructification d’un olivier ?
Les deux leviers sont complémentaires. L’engrais apporte à l’olivier les nutriments nécessaires pour produire des fleurs et des fruits, tandis que la taille organise la structure de l’arbre, laisse passer la lumière et renouvelle les rameaux fructifères. Un olivier bien nourri mais jamais taillé finira par produire mal, tout comme un arbre bien taillé dans un sol épuisé. Pour une bonne fructification, il est recommandé de combiner fertilisation raisonnée, taille régulière et arrosage maîtrisé.


